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    Le sensuel « I’D Love To Kill You » qui débute l’album pourrait laisser penser que rien n’a changé dans l’univers de la native de Koutaïssi. Pourtant, le quatrième album de Katie Melua résonne comme un virage dans la carrière de la jeune chanteuse britannique d’origine géorgienne, puisque (bien qu’il soit présent comme producteur exécutif, et co-signe le délicieux « God On Drums, Devil On The Bass ») son mentor Mike Batt – sept années de collaboration intensive, tout de même – ne préside pas aux destinées de l’aventure. C’est en effet un William Orbit sorti de sa retraite (on se souvient de son travail dans Pop Satori d’Etienne Daho, moins de la manière dont il fit sonner « Electrical Storm » pour le compte de U2, mais ce sont certainement ses arrangements du « Ray Of Light » de Madonna, qui ont retenu l’attention du staff de celle qui reste l’une des plus grosses fortunes artistiques de Grande-Bretagne) qui produit The House. En outre, la jeune femme semble s’être autorisée des textes plus intimes, et pour tout dire plus proches de ses préoccupations.

    Naturellement, on parle beaucoup d’amour dans The House (celui qui transfigure dans « Red Balloons », qui transporte à des hauteurs insoupçonnées grâce à « No Fear Of Heights », ou celui qui fait souffrir, avec la chanson-titre). De plus, les mélodies douces et raffinées, définissent les contours d’une pop élégante, dans laquelle les influences d’Europe Centrale ne sont jamais très éloignées. La voix évanescente et sensible de Melua est particulièrement bien mise en valeur tout du long de ces douze refrains, et comme nichée dans un écrin satiné et d’une grande limpidité, car riche de sonorités essentiellement acoustiques. Le premier single extrait du programme (« The Flood ») est de ce point de vue parfaitement emblématique de l’entreprise : composé par Guy Chambers, Lauren Christy, et la chanteuse (à l’instar de cinq partitions de la sélection), la mélodie, simple et efficace, s’appuie sur un piano sans affèteries, sur lequel viennent se poser des mots tout aussi dénués de sophistication, disant des préoccupations (les relations humaines, et les difficultés qui vont avec) dans lesquelles se sont déjà reconnus des millions d’auditeurs de par le monde. Et lorsque, à l’occasion de l’unique reprise du disque, Katie Melua porte son dévolu sur le « The One I Love Is Gone » de l’un des artisans majeurs du bluegrass, Bill Monroe, l’émotion, non feinte, rayonne dans chaque vers.

    Tout aussi à l’aise dans l’electro-pop que dans les ballades en suspension, dans l’atmosphère d’un cabaret décadent ou sur un dancefloor, Katie Melua démontre dans cette quatrième livraison que l’artiste a conservé tout son charme, mais sait en outre se renouveler, et prendre les risques qui accompagnent cette mue. Cela contribue à faire de The House une authentique réussite.

     


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